Voici un texte publié sur le blog essentielandco.fr
Le passage appelé la mort
Dans ces courts textes, nous essayons de vous faire partager des réflexions et témoignages sur ce qui est appelé la mort,
c’est-à-dire le départ d’un être cher.
Tous ces moments difficiles et pourtant essentiels
que nous vivons et qui transforment notre vie.
Alors, il y a bien des choses à faire pour accompagner celui qui part
et nous accompagner, nous qui restons.
Oui, la vie continue d’un côté comme de l’autre.
Le départ d’un être cher et le départ du deuil
le 17 décembre 2013
Lorsqu’un être cher s’en va, quitte ce monde-ci, il est essentiel de l’accompagner dans son voyage.
La première chose est de garder le corps dans son cadre de vie habituel, si le décès à eut lieu dans « sa maison ».
Si le décès a eu lieu à l’hôpital par exemple il est essentiel de faire revenir le corps chez « lui ».
(on a une seule journée pour faire cette demande à l’hôpital qui ne peut refuser sauf pour des raisons médicales..
avant que le corps soit transféré en chambre froide)..
A ce moment il ne sera plus guère temps de voir et rester auprès de celui-ci.
Cela est d’autant plus important que le point de départ de tout deuil est de pouvoir voir
et constater que le corps de l’être cher est sans « vie » inerte,
Il n’y a plus l’être cher « dedans », celui-ci n’est plus là.
Ce constat est essentiel pour commencer le deuil. La construction du deuil commence dès cet instant.
Lorsqu’on ne peut voir le corps mort, comme, par exemple, dans un accident d’avion.
Les proches restent dans l’impossibilité de commencer leur deuil. Ils ont besoin de voir le corps sans vie,
d’être certain que cette personne est bien morte… qu’elle n’est plus de ce monde.
On comprend dès lors à quel point il est essentiel de ne pas éloigner les enfants,
de les laisser voir le corps, et de participer à tous ce qui se fait
pour accompagner celui qui s’en va, veiller le corps, créer une cérémonie d’adieu…
Si sous prétexte des les protéger on les éloigne, ils ne comprendrons rien.
Ils seront obligés d ‘imaginer toutes sortes de fabulations qui les éloigneront de la simple réalité
et ils ne pourrons initier leur deuil.
Je peux témoigner d’avoir rencontre des personnes qui bien des années plus tard
n’ont toujours pas fait le deuil de leur mère, grand-père ou grand-mère.
Ils n’en parlent toujours que les larmes aux yeux et des sanglots dans la gorge,
ce qui témoigne que le deuil n’est toujours pas fait…
En voyant et restant près du corps sans vie on accompagne ainsi l’être cher qui part
et nous nous accompagnons, nous qui restons pour aller vers ce qui est à venir…
Dans le prochain texte nous verrons pourquoi la veillée est si importante dans l’accompagnement.
Michel Moché
Auteur du livre : »L’accompagnement de ceux qui partent et de ceux qui restent »
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