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L’accompagnement de Ceux qui partent et de Ceux qui restent

Table des matières

Première Partie : les témoignages

Présentation
I – L’annonce : La veillée …….. 11

II – Le cheminement : Hildegarde de Bingen ….. 26
III – La cérémonie : Prises de paroles et textes …. 31
IV – La présence : Le Chœur et cœur des anges…. 54
V – Les Faits : Les circonstances ……. 63
VI – Remerciements et réponses : Relier et appeler …….. 75
VII – La vie continue : Aider à partir, s’aider à continuer de vivre .……. 87
VIII – Le Deuil : construire son deuil …….. 91
IX – Final : Mourir pour vivre ……… 100

Deuxième partie : Adjonctions
rencontres et témoignages

 I – La Vie sous une autre forme. …….. 107
II – Le processus de départ appelé fin de vie … 117
III – L’Entre deux : le monde intermédiaire ….. 123
IV – Une approche du suicide …….. 126
V – La perte d’un enfant ……… 134
VI – La communication avec l’au-delà ……… 140
VII – L’Euthanasie : un départ inéluctable ……. 143
VIII – Autres textes et réflexions ……… 148
IX – Nouveaux Témoignages ………. 160

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Le passage appelé la mort

 Dans ces courts textes, nous essayons de vous faire partager des réflexions et témoignages sur ce qui est appelé la mort, c’est-à-dire le départ d’un être cher.
Tous ces moments difficiles et pourtant essentiels que nous vivons et qui transforment notre vie.
Alors, il y a bien des choses à faire pour accompagner celui qui part et nous accompagner, nous qui restons.
Oui,  la vie continue d’un côté comme de l’autre.
Le départ d’un être cher et le départ du deuil *
*Lorsqu’un être cher s’en va, quitte ce monde-ci, il est essentiel de l’accompagner dans son voyage.

La première chose est de garder le corps dans son cadre de vie habituel, si le décès à eut lieu dans « sa maison ».
Si le décès a eu lieu à l’hôpital par exemple il est essentiel de faire revenir le corps chez « lui ». (
on a une seule journée pour faire cette demande à l’hôpital qui ne peut refuser sauf pour des raisons médicales..
avant que le corps soit transféré en chambre froide). A ce moment il ne sera plus guère temps de voir et rester auprès de celui-ci.

 Cela est d’autant plus important que le point de départ de tout deuil est de pouvoir voir et constater que le corps de l’être cher est sans « vie » inerte,
Il n’y a plus l’être cher « dedans »,
celui-ci n’est plus là. Ce constat est essentiel pour commencer le deuil.
La construction du deuil commence dès cet instant. Lorsqu’on ne peut voir le corps mort,
comme, par exemple, dans un accident d’avion.
Les proches restent dans l’impossibilité de commencer leur deuil.
Ils ont besoin de  voir le corps sans vie, d’être certain que cette personne est bien morte… qu’elle n’est plus de ce monde.

On comprend dès lors à quel point il est essentiel de ne pas éloigner les enfants, de les laisser voir le corps,
et de participer à tous ce qui se fait pour accompagner celui qui s’en va, veiller le corps, créer une cérémonie d’adieu…
Si sous prétexte des les protéger on les éloigne, ils ne comprendront rien.
Ils seront obligés d ‘imaginer toutes sortes de fabulations qui les éloigneront de la simple réalité
et ils ne pourront initie
r leur deuil.
Je peux témoigner d’avoir rencontre des personnes qui bien des années plus tard n’ont toujours pas fait le deuil de leur mère,
grand-père ou grand-mère.
Ils n’en parlent toujours que les larmes aux yeux et des sanglots dans la gorge,
ce qui témoigne que le deuil n’est toujours pas fait…

En voyant et restant près du corps sans vie on accompagne ainsi l’être cher qui part
et nous nous accompagnons, nous qui restons pour aller vers ce qui est à venir…

Dans le prochain texte nous verrons pourquoi la veillée est si importante dans l’accompagnement.

               Michel Moché

Auteur du livre : »L’accompagnement de ceux qui partent et de ceux qui restent »

 *****

Pourquoi la veillée est-elle si importante ?

Dans beaucoup de traditions, on s’accorde pour dire qu’il est bon de veiller le corps au moins trois jours.
En dehors du fait que cela laisse le temps aux proches d’arriver, même de loin, pour dire un au revoir, il est essentiel de comprendre
que le deuil va se faire des deux côtés. Pour nous qui restons, c’est une évidence.
Pour ceux qui partent, ils quittent ce monde-ci avec tout ce qui les attache encore, ceux qu’ils aiment, les fleurs, leur chat, la beauté de notre belle planète, et ce qui est resté derrière, les non-dits, les séparations, les incompris…
Cela demande du temps pour se détacher de ce monde, et en cela nous pouvons les aider. « Faire son deuil »,
c’est continuer à vivre malgré tout sans l’être cher..

Tout d’abord par notre attitude : même si nous sommes très malheureux, il est bon de laisser partir,
de ne pas retenir la personne qui part par nos pleurs, par nos cris, nos colères et sentiments d’injustice, d’abandon peut-être…
L’être cher est parti parce que c’est son moment et il a à traverser ce passage
qui sera d’autant plus aisé qu’il aura laissé derrière lui une situation claire et pleine d’amour envers ses proches et autres.
Ainsi, il est toujours judicieux de préparer son propre départ.

Si nous avons la chance de garder le corps, nous allons pouvoir de ce côté-ci, mettre en place une veillée
pour que tous ceux qui le désirent viennent accompagner cet être cher.
Cela se fait selon la personnalité de la personne qui nous quitte, ses goûts, ce qu’elle aime et comment elle a vécu.
La chambre où repose le corps est à son image : il y aura des fleurs, des bougies (la lumière) de l’encens (purificateur) si cela convient.
Cette chambre devient un lieu où chacun peut se tenir et être présent en conscience.
Le climat vibratoire s’élève et l’on peut ressentir si tout est paisible ou non.
Les plus paisibles peuvent accueillir ceux qui sont dans la crainte de voir le « corps sans vie ».
Le lieu devient fort par l’énergie de ceux qui accompagnent de leurs meilleurs sentiments.

D’ailleurs très souvent le visage est reposé, surtout après de longues souffrances, et même il est rajeunit.
N’oublions pas qu’il s’agit dans ce cas d’une libération.

Il est facile d’accompagner ceux qui sont dans la crainte parce qu’ils n’ont jamais vu de corps non animés de vie.
On les guide et accompagne vers ce lieu, sitôt entré, voyant le visage, et ressentant cette paix, leurs craintes tombent d’un coup…
Les enfants sont souvent les premiers à comprendre que tout cela est simple et naturel.

Enfin, l’essentiel est que chacun peut aider en priant, en méditant,
en faisant un envoi de lumière qui vont être une grande force pour la personne qui part.
D’ailleurs le départ d’un proche nous met en face de notre propre mort et nous avons à apprendre quelque chose.

Dans  le prochain texte nous verrons que la cérémonie de départ est essentielle
pour nous qui restons et qu’elle est ,de fait, à l’image de celui qui part

Michel Moché

Auteur du livre : »L’accompagnement de ceux qui partent et de ceux qui restent« 

 

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